À savoir. Nous recevons souvent ce type de question, qui sort du mandat d’un conseiller des Français de l’étranger. Plusieurs membres de notre équipe connaissent ces démarches et ont choisi d’y répondre. Chaque cas est particulier et nous ne pouvons pas accompagner tout le monde : nous publions donc nos réponses ici.

Vous avez un grand-parent vietnamien et vous aimeriez vous installer au Vietnam ? C’est la question que nous a posée une Française qui vit au Japon. Voici vos options, de la plus simple à la plus engageante.

Vivre au Vietnam avec l’exemption de visa de 5 ans

Le Vietnam accorde une exemption de visa (en vietnamien, giấy miễn thị thực) aux personnes d’origine vietnamienne qui vivent à l’étranger. Si l’un de vos grands-parents avait la nationalité vietnamienne, vous y avez droit, tout comme votre conjoint et vos enfants. Les ambassades l’accordent assez facilement.

Avec cette exemption, vous pouvez rester au Vietnam jusqu’à 6 mois d’affilée. Pour rester plus longtemps, il suffit de sortir du pays et d’y revenir, ou de demander une prolongation sur place avec un garant vietnamien. L’exemption est valable jusqu’à 5 ans et s’arrête 6 mois avant l’expiration de votre passeport : faites la demande avec un passeport encore valable au moins un an. Elle coûte 10 dollars, hors traductions, et le délai officiel est de 5 jours ouvrés.

Elle sert à vivre au Vietnam et à voir votre famille. Le travail relève d’un autre document, le permis de travail, présenté plus bas.

Prouver l’origine vietnamienne de votre grand-mère

C’est le cœur du dossier, et la preuve se fait par tout moyen. Votre grand-mère, née en Indochine, avait la nationalité française ? Faites la demande quand même : elle coûte peu, et son acte de naissance français ne dit rien de la nationalité qu’elle a eue au cours de sa vie. Un nom vietnamien sur cet acte, le sien ou celui de ses parents, facilite la démarche.

Les documents relient votre grand-mère à vous :

  1. la preuve de son origine vietnamienne : son acte de naissance avec son nom vietnamien et celui de ses parents, ou une carte d’identité, un passeport, un laissez-passer, un extrait de naissance du Sud-Vietnam d’avant 1975 ;
  2. le lien entre elle et vous : l’acte de naissance de votre parent et le vôtre, ou le livret de famille ;
  3. le reste du dossier : le formulaire, votre passeport et sa copie, deux photos 4 × 6 sur fond blanc.

Les ambassades préfèrent les documents vietnamiens : un dossier composé uniquement de documents étrangers est plus difficile à faire accepter. Vos documents français doivent être traduits en vietnamien par un traducteur officiel, et le plus simple est de les faire traduire au Vietnam, où cela coûte moins cher. Ils n’ont pas besoin d’être légalisés, grâce à une convention franco-vietnamienne de 1999 ; si vous déposez votre dossier hors de France, faites confirmer ce point par l’ambassade. Fournissez toujours des originaux ou des copies certifiées conformes.

S’il vous manque une pièce, demandez une attestation d’origine vietnamienne (giấy xác nhận là người gốc Việt Nam). Possible depuis 2025, elle accepte d’autres preuves : des papiers du Sud-Vietnam d’avant 1975, la lettre de garantie d’un membre de votre famille resté au Vietnam ou d’une association vietnamienne, ou un document étranger qui mentionne votre origine vietnamienne. Comptez 45 à 60 jours.

Déposer votre dossier

Le plus simple est de déposer votre dossier à l’ambassade ou au consulat du Vietnam du pays où vous vivez, quelle que soit votre nationalité. Dans un autre pays, ou au Vietnam même, la démarche est plus compliquée. Pour un renouvellement, certains passent par l’ambassade du Vietnam au Cambodge.

  • Vous vivez au Japon : déposez votre dossier à l’ambassade du Vietnam à Tokyo (procédure, vnconsular@vnembassy.jp). Ajoutez l’original de votre certificat de résidence japonais (Juminhyo) et une enveloppe retour. Le paiement se fait en yens.
  • Vous vivez en France : déposez votre dossier à l’ambassade du Vietnam à Paris (ls4@ambassade-vietnam.fr).

Un conseil : quand vous écrivez à l’ambassade, annoncez que vous voulez déposer un dossier, et demandez la liste exacte des pièces et le type de traduction accepté. Une question vague reçoit une réponse vague, parfois un simple « nous ne pouvons pas vous aider ».

Travailler au Vietnam

Le permis de travail, c’est votre employeur qui le demande. Il doit d’abord montrer qu’il n’a pas trouvé de candidat vietnamien pour le poste : la règle protège l’emploi local. Votre atout, c’est ce qu’un candidat vietnamien n’a pas, comme la maîtrise du français. C’est vrai à tous les niveaux : un docteur n’obtient pas de permis dans un domaine où les docteurs vietnamiens sont nombreux.

Une licence n’est pas obligatoire. Pour un poste technique, la réglementation demande un an de formation et deux ans d’expérience, ou trois ans d’expérience. L’administration garde une marge d’appréciation, et deux choses font la différence : une expérience qui correspond au poste, et un employeur vraiment décidé à vous embaucher.

L’enseignement est le domaine le plus sensible. Depuis le 1er janvier 2026, il faut un diplôme de pédagogie pour enseigner en maternelle. Un poste d’assistant d’éducation est envisageable si l’établissement a besoin d’un francophone, par exemple dans les écoles françaises du Vietnam.

Le permis dure jusqu’à 2 ans, comme votre contrat, et se renouvelle une fois. Comptez 250 à 600 euros sans agence, dont 15 à 20 euros de taxe ; l’employeur le paie souvent, c’est à négocier. Votre droit au séjour est alors lié à votre contrat de travail : s’il s’arrête, ce droit s’arrête aussi.

Créer votre entreprise

Investir dans votre propre société vous ouvre un visa d’investisseur. Sous 3 milliards de dongs investis (environ 100 000 euros), vous obtenez un visa d’un an (DT4). De 3 à 50 milliards, vous obtenez un visa et une carte de séjour de 3 ans (DT3), et vous pouvez travailler dans votre société sans permis de travail. Pour ouvrir une crèche ou une école, il faut en plus l’autorisation des autorités de l’éducation.

Demander la nationalité vietnamienne

Depuis le 1er juillet 2025, la naturalisation est un peu plus simple dans deux cas : votre père ou votre mère est vietnamien, ou votre grand-père et votre grand-mère du même côté de la famille sont ou étaient vietnamiens. Une grand-mère seule ne suffit pas. Si votre parent a lui-même la nationalité vietnamienne, vous êtes dans le premier cas. La démarche reste longue et complexe. Vous pouvez garder la nationalité française avec l’accord du président vietnamien.

Avant de vous installer

Pour un premier séjour de repérage, aucune démarche n’est nécessaire : les Français entrent au Vietnam sans visa pour 45 jours, jusqu’au 14 mars 2028. Pour rester jusqu’à 90 jours, demandez un e-visa, à 25 ou 50 dollars. Profitez de ce voyage pour faire traduire vos documents sur place.

Pour apprendre le vietnamien, les universités proposent des cours intensifs pour étrangers. Un semestre dure une vingtaine de semaines et coûte environ 1 400 dollars à l’université de langues de Hanoï. French Expat Vietnam présente d’autres options dans son guide pour apprendre le vietnamien. La conversation avec vos voisins reste le meilleur des cours : les Vietnamiens accueillent avec curiosité un étranger qui parle leur langue.

Une fois installé

Inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France : il vous relie au consulat, pour voter et en cas de difficulté. Pour votre couverture santé, lisez notre point sur la Caisse des Français de l’étranger.

Sources

Engagés au Vietnam est un collectif de Français installés au Vietnam, présents à Hanoï, Danang et Ho Chi Minh-Ville. Cet article a été rédigé avec l’aide d’une IA à partir de notre entretien avec la personne qui nous a posé la question, puis relu et corrigé par notre équipe.

Vous êtes passé par cette démarche ? Racontez-nous en commentaire ce qui vous a été demandé : votre expérience aidera le prochain lecteur.

Jaime Peypoch et l'équipe Engagés au Vietnam

Qui écrit ces articles ? Découvrir l'équipe

Et maintenant ?

  1. Vous vous informezMerci de nous lire.
  2. Recevez la lettrePlus de 4 000 abonnés la reçoivent déjà.
    • Devenez relaisFaites circuler l'information dans votre ville et signalez-nous les difficultés.Devenir relais