Compte rendu — Webinaire « Étudier en France après une scolarité à l’étranger »

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Merci Élise-Laure Verrière pour ce partage enrichissant pour nos familles expatriées au Vietnam ayant des enfants qui vont étudier en France.

Replay du webinaire Etudier en France apres une scolarite a letranger

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Date : Jeudi 18 décembre 2025, 18h30 (heure du Vietnam)
Format : En ligne, via Zoom
Intervenante : Élise-Laure Verrière, fondatrice du cabinet Akum Conseils
Animation : Jaime Peypoch et Nicolas Thanh Griffon, pour la liste Engagés au Vietnam

En quelques mots

Le tout premier webinaire de la série organisée par Engagés au Vietnam a réuni un petit groupe de parents français installés au Vietnam (Ho Chi Minh-Ville, Danang, Dalat) autour d'une question qui touche directement nos familles : comment préparer l'arrivée de nos enfants en France pour leurs études supérieures, quand on vit à des milliers de kilomètres ?

Pendant un peu plus d'une heure, Élise-Laure Verrière, qui accompagne depuis plus de quinze ans des jeunes issus de l'expatriation et de la francophonie dans leur transition vers l'enseignement supérieur français, a partagé un message simple, qu'elle a martelé tout au long de l'échange : anticiper, c'est sécuriser.

Le constat de départ : un choc plus brutal qu'on ne le croit

Élise-Laure a rappelé que l'arrivée en France après une scolarité au Lycée français à l'étranger n'est pas une simple « rentrée » comme une autre. Plusieurs ruptures se cumulent :

Une rupture administrative.

En France, la quasi-totalité des démarches sont aujourd'hui dématérialisées (Sécurité sociale, CAF, France Travail, banques, administrations universitaires). On ne se rend plus dans une agence avec un interlocuteur dédié comme c'est souvent le cas à l'étranger : on remplit des formulaires en ligne, on respecte des délais stricts, et l'administration part du principe que l'étudiant « est censé savoir ».

Une rupture culturelle.

La bulle d'amis du lycée français explose à la rentrée — les uns se retrouvent à Lille, d'autres à Orléans, d'autres encore à Londres. Les codes sociaux, les modes de vie, les rythmes ne sont pas les mêmes qu'au Vietnam, et même les binationaux peuvent être déstabilisés.

Une rupture d'autonomie.

Au lycée français à l'étranger, l'élève est très encadré (parfois avec professeurs particuliers, suivi rapproché via Pronote, etc.). À l'université française, il se retrouve dans des amphis de 200 à 1 000 personnes, libre de venir ou non en cours, et c'est à lui de s'organiser. Cette autonomie « brutale » explique en partie pourquoi tant de jeunes finissent en réorientation dès le mois de janvier.

Anticiper les démarches : ce qu'il faut préparer depuis le Vietnam

Élise-Laure a insisté sur la nécessité de constituer en amont, depuis le Vietnam, un dossier numérique complet : actes de naissance (avec traduction française pour les documents en langue étrangère), bulletins scolaires depuis la seconde, attestations d'hébergement éventuelles, justificatifs divers. L'idée n'est pas tant de tout avoir sous la main que d'avoir le bon document au bon moment, lorsque l'administration française le demandera.

Plusieurs sujets concrets ont été abordés :

  • Le logement. À anticiper le plus tôt possible, surtout pour les grandes villes universitaires.
  • La banque. Élise-Laure recommande, au moins pour la première année, de privilégier une banque physique en France plutôt qu'une banque en ligne, le temps que l'étudiant s'approprie les codes administratifs et financiers français. Pour les Français de l'étranger qui peinent à ouvrir un compte, le rappel a été fait du droit au compte bancaire : en cas de refus, il est possible de saisir la Banque de France, qui imposera l'ouverture à un établissement.
  • Le prêt étudiant. Là encore, un interlocuteur physique simplifie considérablement les démarches.
  • La sécurité sociale. La transition entre la CFE (caisse des français de l'étranger ; voir notre webinaire) et le régime français (Ameli) doit être préparée : dès l'arrivée en France, l'inscription se fait en ligne, sans interlocuteur dédié.

Comprendre le système universitaire français

Une bonne part du webinaire a porté sur les particularités du système français — souvent très différent de ce que nos enfants connaissent au Vietnam, où l'influence anglo-saxonne est forte.

La carte des formations Parcoursup venait d'ouvrir la veille du webinaire (17 décembre), avec plus de 23 000 formations injectées dans la plateforme. Élise-Laure a rappelé qu'il existe une grande diversité de parcours : université, BTS (Brevet de Technicien Supérieur), BUT (Bachelor Universitaire de Technologie), prépas, grandes écoles (avec leurs propres procédures parallèles à Parcoursup), apprentissage, voie professionnelle, formation des Compagnons du Devoir...

Sur un point qui a animé l'échange : les enfants français scolarisés au Vietnam, qu'ils soient au Lycée français ou dans le système vietnamien, ont pleinement accès à Parcoursup au même titre que les lycéens en France. Élise-Laure a tenu à rassurer les parents sur ce point. Pour les formations sélectives (grandes écoles, Sciences Po), il est même possible et parfois stratégique de candidater à la fois via Parcoursup et via la procédure propre à l'école, le nombre de places ouvertes pouvant différer entre les deux voies.

Concernant les frais de scolarité spécifiques applicables aux enfants d'expatriés (cas évoqué par une participante au sujet de Sciences Po, où une conseillère lui aurait indiqué que les enfants d'expatriés relèvent du tarif « étudiants internationaux » sauf à disposer d'une résidence fiscale en France), Élise-Laure a précisé qu'elle n'avait pas rencontré ce cas dans les universités classiques qu'elle accompagne, et qu'il s'agirait d'une spécificité propre à Sciences Po qu'il convient de vérifier directement auprès de l'établissement.

Réussir l'intégration : préparer aussi les codes culturels

Au-delà de l'administratif, Élise-Laure a beaucoup insisté sur l'intégration culturelle et sociale, qui est selon elle la principale source de difficulté. Elle a partagé un exemple marquant : un jeune qu'elle accompagnait se plaignait de ne plus être invité par ses camarades, parlant même de racisme. En creusant, il s'est avéré qu'il n'apportait jamais rien chez ses amis lorsqu'il était reçu — un code social français basique qu'il n'avait simplement pas eu l'occasion d'apprendre.

Préparer le jeune à de petits gestes du quotidien (faire ses courses, aérer une pièce, gérer son chauffage, faire son lit, savoir cuisiner quelques bases, gérer son budget, faire un état des lieux) évite des déconvenues qui peuvent peser lourd, y compris financièrement.

Le message clé : anticiper, encore et toujours

Élise-Laure a conclu son intervention par une phrase qui résume bien sa philosophie : « Plus on anticipe, moins on est stressé, et moins on transmet ce stress à nos enfants. » Elle a rappelé que les enfants s'adaptent en réalité très vite — ce sont souvent les parents qui vivent le départ avec le plus d'angoisse.

L'orientation, elle aussi, se prépare bien en amont : dès la seconde, voire la troisième. Connaître son enfant, lui permettre de mieux se connaître, comprendre s'il a besoin de cadre ou s'il peut s'épanouir dans l'autonomie de la fac — autant de questions qui éviteront les réorientations coûteuses, sur le plan financier comme psychologique.

Un échange complémentaire sur les alternatives au départ vers la France

En fin de webinaire, Jaime Peypoch a élargi la réflexion à un cas que la liste Engagés au Vietnam tient à porter : les familles qui ne souhaitent pas, ou ne peuvent pas financièrement, envoyer leurs enfants en France pour des études supérieures.

Il existe aujourd'hui au Vietnam des passerelles encore peu connues : par exemple, l'Université d'Économie et Finance à Ho Chi Minh-Ville propose, en partenariat avec l'Université de Cergy-Pontoise, une formation en management hôtelier débouchant sur un diplôme français, accessible avec le baccalauréat du réseau AEFE (Agence pour l'enseignement français à l'étranger). Le développement de ces alternatives — en particulier pour les familles aux revenus plus modestes — fait partie des sujets sur lesquels la liste souhaite travailler dans la durée.

En conclusion

Un premier webinaire chaleureux et concret, qui a permis à chaque parent de repartir avec une feuille de route claire : commencer tôt, documenter, expliquer, et se faire accompagner si besoin. Engagés au Vietnam remercie chaleureusement Élise-Laure Verrière pour la qualité et la générosité de son intervention.

Pour aller plus loin :
Élise-Laure Verrière reste à disposition des familles qui souhaiteraient un accompagnement personnalisé.

  • Site : akumconseils.com
  • Email : contact@akumconseils.com
  • WhatsApp : +33 6 85 15 29 57

Engagés au Vietnam est un collectif de Français installés de longue date au Vietnam, présents à Hanoï, Danang et Ho Chi Minh-Ville. Cette série de webinaires mensuels a vocation à informer la communauté française sur les sujets qui la concernent directement : éducation, santé, environnement, francophonie, et plus largement les droits et démarches des Français de l'étranger.

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